Film documentaire “Notre pain quotidien”

Peut-être influencée par tout le pataquès du moment sur les lasagnes à la viande de cheval, mais avant tout pour convaincre mon copain d’acheter du poulet bio super cher (avec un vrai goût de poulet) plutôt que du super discount, j’ai emprunté un DVD à la médiathèque de mon quartier : « Notre pain quotidien », un film documentaire sur l’industrie alimentaire en Europe.

Personnellement, au niveau de l’affaire des lasagnes, qu’il y ait de la viande de cheval dedans ne me choque pas plus que ça. A partir du moment où on achète un plat préparé, je trouve que c’est un peu logique de ne pas pouvoir contrôler ce qu’il y a dedans. Et puis mis à part le côté ‘fraude’ de l’affaire, mis à part la provenance des ingrédients, des circuits de distribution plus courts et plus transparents ne changeront pas le principe des plats préparés : ce sont des produits développés pour séduire les papilles des consommateurs. Même les plats préparés bio origine France sont généralement trop salés et trop gras pour être considérés comme des repas équilibrés.

Pour en revenir au documentaire, il s’agit d’un film réalisé en 2005 par un autrichien, Nikolaus Geyrhalter. Le film ne comporte aucun dialogue, aucune voix-off, commentaires, ou témoignages : il s’agit strictement d’une immersion d’1h30 dans les coulisses de l’industrie alimentaire européenne. Des scènes de travail et de récoltes s’enchaînent : tomates sous serre, élevages de porcs, de poulets, récolte des asperges, d’olives etc.

Comme on peut l’imaginer, sans dialogues, et avec de grands plans de caméra bien fixes, le film comporte quelques longueurs. Mais il reste tout de même très intéressant et très bien réalisé. J’ai bien apprécié le fait qu’il n’y ait pas de voix off qui nous dise quoi penser ou quelles conclusions tirer des images. Chaque spectateur interprète les scènes à sa façon. Il est clair que pour les personnes végétariennes ou ardentes militantes de la cause animale, le film s’avèrera assez dur à avaler.

Voici le trailer du film :

Le film commence par une scène de récolte de poussins à peine éclos de l’oeuf. On voit les poussins trimballés dans des cages et aspirés dans un système, trillés, puis rejetés sur le tapis roulant d’une chaîne de production. Ces petites balles de tennis montées sur pattes ont presque un côté loufoque-tragicomique.

Le film enchaîne sur une scène de traitement par pesticides de poivrons. On voit les employés s’équiper d’énormes masques à gaz pour pulvériser toute la serre. (et là on se dit « la prochaine fois j’achète des poivrons bio »…)

Puis ensuite, une scène d’élevage de vaches : des taureaux ultra-musclés, mais sans cornes, dans un hangar, une vache maintenue en place par des piquets dans un enclos. On se dit alors que la pauvre vache va se faire féconder qu’elle le veuille ou non. Mais il n’en est rien ! Dès que le taureau commence à monter sur la vache, un employé récolte son sperme « au vol » avec un appareil. Bref, le taureau « ne tire pas son coup » et la vache était juste là pour jouer l’allumeuse. La scène d’après : un accouchement par césarienne (la vache debout sur ses quatre pattes, mais le ventre ouvert sur le côté, découpé sur 50-60 cm)

pigs

Diverses scènes nous montrent que le travail des employés est loin d’être folichon : par exemple cette femme qui a pour mission de couper les pattes des cochons à la chaîne. Mais les employés ne parlent pas et sont montrés comme faisant intégralement partie du système des machines (cela fait un peu penser au film « Modern Times » de Charlie Chaplin).

asperagus

Après quelques scènes de récoltes diverses et variées (asperges comme par exemple sur la photo ci-dessus -on comprend alors pourquoi elles sont si chères vu le boulot pour les ramasser une à une en se cassant le dos !), on retrouve nos poussins qui ont grandi. Ironie du sort : ils ont commencé leur vie aspiré par des machines, ils la finissent aussi aspirés. Une sorte d’énorme aspirateur les « récolte » par paquet pour les emmener à l’abattoir.

chicken

Le film se termine à l’abattoir des vaches, un peu plus tragique selon moi que l’abattoir des poulets. Pour les poulets, même si leurs conditions de vie sont exécrables, je ne sais pas pourquoi (peut-être parce qu’il ont l’air un peu idiots? peut-être à cause du film « Les oiseaux » d’Hitchcock ?), mais j’ai généralement tendance à avoir plus d’empathie pour les mammifères plutôt que pour les autres espèces. Donc l’abattoir des vaches est un peu plus triste, surtout que la vache qui va y passer voit bien le sort de sa copine de devant et ne peut pas trop se faire d’illusion.

cow

Bref, bilan du film : ce n’est pas pour rien que l’industrie alimentaire est une « industrie ». Le film ne m’a pas convaincue de devenir végétarienne, mais donne un certain nombre de bonnes raisons de dépenser 7 euro pour du poulet bio élevé en plein air, ou encore de limiter la viande rouge à une fois toutes les deux semaines.

Cela-dit, mon copain n’a visiblement pas été assez impressionné par l’aspirateur à poussins et pense continuer à acheter du poulet discount. Donc mission ratée pour cette fois…

Le site du film « Notre pain quotidien » : www.ourdailybread.at

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Commentaires

  1. mhelene a écrit

    Je n’ai lu que le résumé (très bien fait du documentaire) et cela m’a bien suffit ! beurk …
    j’achète toujours la bouffe de proximité (marché producteurs) préparée maison et j’en suis satisfaite (santé, goût, finance sans intermédiaire si possible) rapport qualité /prix on s’y retrouve ! Une petite blagounette en vogue : « est ce vrai que les lasagnes findus donnent la culotte de cheval? » Bravo pour ton blog j’adore son ton de dérision…

  2. morgane a écrit

    je ne suis pas végétarienne et ne compte pas le devenir….je suis consciente de tout ça, je préfère ne pas y penser. …sinon à part avoir mon potager et ma vache pour faire mes yaourths, j´arrete de manger…

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